Abandonnés à Yosemite pour des champignons hallucinogènes.

J’ai souvent raconté mes mésaventures à des amis et des collègues de travail. Plus je me remémore ces moments, qui sur le coup étaient terrifiants, plus j’en rigole. Je pense en avoir vécu un bon nombre, à croire que je n’ai pas de bol ! Pour cette première mésaventure, je vous emmène aux Etats-Unis et plus précisément au Yosemite National Park.

Au Pair aux US

En 2015, je suis partie vivre trois mois aux Etats-Unis. Au cours de deux mois, j’ai rejoint, avec mon compagnon de l’époque, une famille de la baie de San Francisco. Le matin, je m’occupais de Reacher, un petit garçon de 2 ans qui vivait tout nu (oui, oui). On passait des heures à jouer au train ensemble, à dessiner, à nous promener. L’après-midi, nous nous baladions dans San Francisco. Pour vous dire, j’ai parcouru la ville à pieds… et croyez-moi, ça en fait des kilomètres. Juillet approchait, mon anniversaire également. Afin de célébrer mes 20 ans dignement, je souhaitais me rendre au parc national de Yosemite, un parc montagneux somptueux ! Nous n’avions pas l’âge de louer une voiture et c’est pour cela que j’ai fait appel à un site génial : Couchsurfing. Le principe ? Les membres de la communauté vous laissent dormir sur leur canapé gratuitement. Souvent, on visite la ville ensemble. Couchsurfing dispose d’une section dédiée aux événements. La communauté de voyageurs se retrouve pour boire un verre ou organiser des sorties à plusieurs. C’est grâce à cette application que j’ai eu la chance de partir avec Nivas, Shivani, Rollin, un autre gars dont j’ai oublié le nom, Loris et Grégoire. Loris, Grégoire et moi nous connaissions.

Notre première nuit au parc

Le 3 juillet, Nivas, Shivani, Rollin et Monsieur Inconnu nous attendaient devant la maison. On se présente, s’échange des sourires, et c’est parti pour quelques heures de route. Nivas connaissait déjà le parc et nous proposait donc d’admirer quelques points de vue. C’est d’ailleurs grâce à lui que j’ai pu prendre la photo ci-dessous. Nous nous sommes tous assis sur un petit muret pour contempler la vue. D’ailleurs, Nivas me parlait étrangement beaucoup, jusqu’au moment où il a découvert que j’avais un compagnon. Et d’ailleurs, lui était marié ! Mariage arrangé en Inde, certes, mais bon. Le malin.

Pour cette nuit au parc, nous avions loué une cabane. Une vraie. Trois murs en béton, un rideau, des lits superposés. A l’extérieur, un coffre pour stocker notre nourriture et tout ce qui attire les ours car, oui, nous étions en plein milieu d’un parc… avec des ours. Nos compagnons de voyage avaient emmené avec eux tout un attirail : un tam-tam, des maracas, une enceinte, de l’herbe et des champignons… objet de cet article. Avant de dormir, j’ai bien évidemment regardé sur Google quelques images d’ours qui rodaient autour des mêmes cabanes. Nivas avait laissé toute la nourriture sur la table, dehors. Autant vous le dire, cette nuit-là, je n’ai pas fermé l’oeil.

Ours, Pink Floyd et coucher de soleil

Notre journée du 4 juillet, journée nationale aux US, était magnifique. Nous partions le matin en voiture pour sillonner les routes du parc. Et, alors que Nivas était venu à Yosemite chaque saison sans en apercevoir, nous avons vu un ours et son petit. Ils se reposaient dans une clairière entourée de hauts sapins sur la route de Glacier Point. Nous les avons observé quelques minutes avant de reprendre la route vers les sommets avec les Pink Floyd comme fond sonore et quelques litres d’essence dans le réservoir. On était presque à sec, mais, avec Nivas, on a prié jusqu’à la fin de la visite pour que la voiture résiste. Ca a fonctionné.

En fin de journée, nous nous sommes rendus à un point de vue magnifique. Loris et moi sommes partis explorer les bois, pendant que Grégoire était ailleurs et Nivas on ne sait où. Avec Loris, on s’est fait de belles frayeurs. Je crois que les ours ont marqué notre week-end. On entendait des bruits anormaux, des souffles qui nous glaçaient le dos. On était seuls, je filmais à la GoPro, et clairement, on a rebroussé chemin en courant. A notre retour, on avait perdu Nivas. On l’a cherché pendant presque une heure. Finalement, il était assis au bord du vide et contemplait le soleil se coucher entre les montagnes. Nous nous sommes joints à lui, avons allumé l’enceinte pour écouter Variations de Nicolas Jaar, avons accompagné la musique de tam-tam et de maracas et sommes restés ici jusqu’à ce que la nuit soit tombée. J’ai adoré. Ce souvenir est tellement chaleureux et émotionnel. Je crois qu’il est le plus beau souvenir que j’ai pu conserver des Etats-Unis.

Champignons hallucinogènes et permis indien

Nous devions reprendre la route tous ensemble pour San Francisco. Nivas avait, de son côté, prévu une expérience qu’il qualifiait d’incroyable : les champignons hallucinogènes. C’est super pour lui me direz-vous. Oui, sauf quand cet homme est votre chauffeur, le seul plus ou moins apte à conduire. Comme vous avez pu le deviner, notre mésaventure débute ici. Nivas agite son petit sachet et nous propose de participer à l’expérience. Shivani et Rollin se joignent à lui. Nous étions attendus à San Francisco, Loris repartait à Los Angeles et notre Monsieur Inconnu devait lui aussi repartir. C’est ici que nous avons été abandonnés. Nivas, Shivani et Rollin ont pris leur paquet et ont disparu dans le bois qui longeait la route. Nous ? Nous avons pris la route avec notre Monsieur Inconnu. Là aussi, l’expérience était incroyablement… effrayante. Après quelques virages incertains, des virages pris trop courts, un sens interdit en pleine route de montagne, nous demandons à Monsieur Inconnu sur un ton humoristique : « Mais, t’as ton permis de conduire ? « . Il nous répond alors : « Oui, je l’ai passé en Inde il y a des années ! ». Notre cher monsieur conduisait donc avec un permis non-valide, et nous, on serrait les fesses pour rentrer en un seul morceau.

Nivas et son remède contre l’addiction

Quelques jours plus tard, nous avons revu Nivas pour une escapade le long de Big Sur, une route qui longe la côte californienne. Nous avons parlé de son job d’ingénieur dans la Silicon Valley, nous avons rencontré sa femme qui était enceinte.

Nivas, qui nous parlait de son souhait de stopper son addiction au cannabis et, attachez-vous, nous avoue avoir trouvé une solution miracle. Depuis qu’il mange des champignons hallucinogènes, Nivas ne prend plus de cannabis et se sent revivre. Il explore de nouvelles sensations, découvre de nouveaux sons, de nouvelles couleurs, de nouveaux sentiments.

Aujourd’hui, Nivas est papa.

Rien de bien grave, mais se faire lâcher pour des champignons et les qualifier de remède à l’addiction, c’est fort !



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